Voici la reprise de l’intégralité du texte de la page, traduite en français :
Titre de l’ouvrage : 紙とデザイン――竹尾ファインペーパーの五〇年
(Paper and Design – 50 Years of Takeo Fine Paper), publication commémorative du centenaire de la société Takeo.
Éditeur : Takeo Co., Ltd.
Conception et organisation éditoriale : Nippon Design Center.
Date : avril 2000 d’après les notices bibliographiques. Takeo confirme officiellement que l’ouvrage a été publié en 2000 pour son centenaire.
Direction éditoriale de l’ouvrage : Nobuko Shimuta (紫牟田伸子).
Plus intéressant encore : cette page appartient à la partie consacrée aux années 1970, intitulée 深化するブックデザイン (« L’approfondissement du design du livre »), dont le texte est attribué à Shoji Usuda (臼田捷治), journaliste et critique de design.
ÉDITORIAL
Les années soixante-dix furent une époque où la sous-culture était la culture.
Bien que les magazines étrangers aient exercé de nombreuses influences, une succession continue de magazines résolument japonais apparut sur la scène.
On ressent une force étonnante dans ces revues, créées au moment où l’impression offset commençait à se généraliser.
Audacieuses et nouvelles… Les années soixante-dix regorgeaient d’informations nouvelles, au point de rendre les ornements superflus.
« Enfin apparaissent les magazines de contre-culture ! »
WONDER LAND est l’un des pionniers, devenu légendaire, des magazines de contre-culture.
La rédaction était assurée par le charismatique Jinichi Uekusa, tandis que la direction artistique était confiée à Kōga Hirano, qui travaillait déjà sur les autres publications d’Uekusa.
Hirano avait depuis longtemps coutume de dire : « Un livre, c’est un journal. » La revue devint effectivement une sorte de « journal ».
Les caractères, ornés d’une manière très particulière, furent ensuite repris dans Takarajima, la revue qui succéda à Wonder Land après sa transformation.
Il va sans dire que, tant par son contenu que par son graphisme, ce magazine fut une véritable école dont sortirent de nombreux créateurs.
Légendes des illustrations
11 — Takarajima (Wonderland), numéro d’avril 1974.
Illustration : Yasuji Tanioka.
Direction artistique : Kōga Hirano.
12 — Wonder Land, premier numéro, 1973.
Direction artistique : Kōga Hirano.
13–14 — an・an, publié par Heibon Publishing, premier numéro, 1970.
Direction artistique : Seiichi Horiuchi.
Texte principal :
Le texte commence ici au milieu d’une phrase, la première partie se trouvant donc sur la page précédente :
« […] ouvre considérablement de nouvelles possibilités au design.
Ce faisant, cette évolution anticipe habilement la démocratisation de l’environnement de lecture : on passe de la fonction de “lire”, associée à la culture et à l’instruction, à une fonction privilégiant le “voir”, fondée sur la consommation de l’information.
Au même moment, dans le monde de l’imprimerie, les innovations techniques de l’impression offset progressent rapidement. Sur le plan graphique également, les caractères destinés à la photocomposition connaissent une diversification accélérée, notamment avec l’apparition de Typos.
Selon Tamotsu Ejima, connu notamment pour son travail de directeur artistique de Mrs., la “liberté” et la “légèreté” offertes par l’offset ont, pourrait-on dire, libéré les designers du carcan d’une typographie moderne austère qui s’était développée avec l’impression typographique traditionnelle.
Par la suite, Seiichi Horiuchi participa à la création de Popeye et de Brutus. Durant cette période, il eut également la chance d’être assisté par le très talentueux Masahiro Shintani.
Après la mort soudaine de Horiuchi en 1987, Shintani poursuivit la direction artistique de plusieurs magazines créés par Magazine House et contribua ainsi à établir l’un des modèles caractéristiques du design des magazines japonais contemporains. »
Chronologie — 1979
La bande grise située au bas de la page énumère des événements de 1979 :
— Publication de ** Handmade Papers of the World / 世界の手漉紙**, ouvrage commémorant le 80e anniversaire de Takeo. Takeo confirme d’ailleurs que cet ouvrage a bien été publié en 1979.
— L’Institut de recherche en sciences des produits est transféré à la cité scientifique de Tsukuba.
— Exposition « Musée du jeu » au grand magasin Matsuya de Ginza, organisée par l’Asahi Shimbun. Parmi les membres du comité : Iwao Sakane, Mitsumasa Anno et Shigeo Fukuda.
— Première conférence régionale asiatique JIDA–ICSID, au World Trade Center Building. Participent notamment l’Australie, Hong Kong, la Corée, Taïwan, les Philippines et le Japon.
— À l’occasion du vingt-cinquième anniversaire du Kuwasawa Design School, conférence publique :
« Où va le design moderne ? — Qu’a fait le Bauhaus ? », à Shibuya.
— Conférence internationale de design d’Aspen, consacrée au thème « Le Japon et les Japonais ».
— Sony lance le premier Walkman, le TPS-L2. Le « phénomène Walkman » transforme profondément la manière d’écouter de la musique.
— NEC lance le PC-8001, ordinateur personnel destiné à une diffusion de masse.
— Ouverture à Aoyama, Tokyo, du centre consacré aux métiers d’art traditionnels de l’Association pour la promotion des industries artisanales traditionnelles.
— L’Institut d’architecture du Japon achève une enquête nationale consacrée aux grands édifices de l’architecture moderne japonaise, construits durant les ères Meiji, Taishō et le début de Shōwa.
— Création des revues Kōkoku Hihyō (Critique publicitaire) et Illustration.
Ce qu’il faut retenir :
Cette page est donc particulièrement intéressante : elle ne date pas des années 1970, mais constitue en 2000 un regard historique japonais sur la révolution graphique des années 1970. Shoji Usuda y décrit le moment où l’offset, la photocomposition et les nouvelles revues — an・an, Wonder Land/Takarajima, puis Popeye et Brutus — font passer le magazine japonais d’un support essentiellement destiné à « lire » à un objet destiné également à « voir ».
C’est précisément cette distinction qui donne de l’intérêt au document : un ouvrage japonais de référence sur l’histoire du design, publié par Takeo en 2000, choisit ces revues des années 1970 comme jalons déterminants de la modernité graphique japonaise.
HALARD & VILLATTE — 107, avenue Daumesnil
Mobilier en bois ancien recyclé et objets en terre cuite
« La lumière, l’espace, la hauteur sous plafond : c’est un type d’espace difficile à trouver à Paris », explique M. Villatte, qui était à l’origine architecte.
Depuis cette époque, il éprouvait un attachement particulier pour les éléments abandonnés sur les chantiers de démolition, comme les armatures métalliques ou les anciennes portes et fenêtres, qu’il finissait toujours par récupérer.
Il y a deux ans, il s’est associé à M. Halard, chargé de l’aspect plastique et sculptural, et ils ont commencé à fabriquer des meubles à partir de ces matériaux.
Entre ses mains, les matériaux de récupération renaissent sous forme de plateaux de tables ou de tiroirs de commodes. Même après leur transformation, ils conservent l’aspect de leur vie antérieure et possèdent une saveur que les matériaux neufs n’ont pas.
Il en va de même pour les objets en terre cuite : les moules sont notamment pris sur des ornements de chapiteaux anciens récupérés.
Participer à des salons et y installer un stand est une bonne chose, mais il semble particulièrement satisfait de disposer désormais d’un show-room permanent.
Légendes des photographies :
- En haut : intérieur de Halard & Villatte.
- En bas : Astier de Villatte, le créateur de cette boutique ; jusque dans la couleur de son pull, il est coordonné à ses créations.
- Photographies : Cécile Regard — les deux images.
ATELIER VULCAIN — 65, avenue Daumesnil
Mobilier en bronze et fer forgé
Légendes :
- En haut : intérieur de l’Atelier Vulcain.
- À droite : Claude Delprat, travaillant à la finition d’un pied de table.
- © Viaduc des Arts — les deux photographies.
Des encadrements de portes recouverts de mousse, une table faite de racines d’arbre, des murs couverts de lierre… Dès que l’on franchit le seuil, on est enveloppé par l’odeur fraîche du bois et des plantes.
Il ne s’agit pas d’une décoration éphémère faite de fleurs fraîches mais d’objets conçus pour durer. L’activité a commencé avec des éléments de décoration intérieure utilisant notamment des végétaux séchés ; elle s’est ensuite étendue aux meubles, aux murs et à des espaces de plus en plus importants, tout en évoluant vers une direction toujours plus créative.
Alban et Sis expliquent avoir découvert cet endroit grâce à une connaissance travaillant dans une boutique de céramique située, par hasard, de l’autre côté de la rue :
« Jusqu’à présent, nous étions depuis quatre ans dans un atelier à Boulogne où personne ne passait. Ici, tout a complètement changé. C’est agréable de pouvoir communiquer avec les gens. »
Légendes de la photographie verticale à droite : elles concernent la réalisation de décors à partir de végétaux et portent la mention © Viaduc des Arts [2 photographies]. Une partie du texte japonais est malheureusement coupée sur le cliché original et ne peut être restituée avec certitude.
ESPACE CYRILLE VAREL — 67, avenue Daumesnil
Mobilier en fer à la frontière de la sculpture
Des chaises avec des yeux, des sofas auxquels poussent des ailes… Les meubles de Cyrille Varel sont colorés, imaginatifs et pleins d’humour. Et ils sont beaucoup plus confortables que leur apparence ne pourrait le laisser penser.
Non seulement il présente ses propres créations, mais il organise, selon un cycle d’environ trois semaines, des expositions de photographie et de sculpture. Il comprend parfaitement et exploite le rôle du Viaduc comme “lieu de rencontres”.
« Si j’organise des expositions, ce n’est pas simplement pour faire venir du monde, mais parce que les échanges avec d’autres créateurs me permettent de rechercher de nouvelles inspirations. »
Ainsi, lors de l’exposition d’un photographe réalisant des portraits projetés sur les murs, une coiffeuse est née ; et lors de celle d’un sculpteur travaillant sur des anges, il a créé un sofa imaginé comme un couple d’anges.
Légendes :
- En haut : Cyrille Varel.
- À gauche : intérieur de l’Espace Cyrille Varel.
- Photographies : Cécile Regard — les deux images.
Page 083.
Commentaire :
Cette page est particulièrement intéressante pour établir l’antériorité et le rôle personnel de Jean-Baptiste Astier de Villatte. L’article ne présente pas simplement « Halard & Villatte » comme une enseigne : il désigne explicitement Villatte comme architecte puis comme créateur de la boutique, décrit son goût personnel pour les matériaux issus de démolitions, son procédé de réemploi et de moulage, et précise qu’il s’est associé à Halard deux ans auparavant pour développer ces meubles.
La photographie-portrait accompagnée de la formule « Astier de Villatte, le créateur de cette boutique », ainsi que l’adresse précise 107 avenue Daumesnil, constituent à mon sens les éléments les plus utiles. La pièce individualise clairement votre activité créative au sein de Halard & Villatte, plutôt que de la présenter comme l’œuvre indifférenciée d’une société.


