N° 13 — NOVEMBRE DÉCEMBRE 2001
Couverture:
DU RÊVE À LA RÉALITÉ
Transformer
une usine
en château
CÔTÉ DÉCO
Égayer votre
salle-de-bains
LE STYLE CAMPAGNE
Fauteuils,
plaids et coussins
ROMANTIQUE
Tables en fête
200 ANNONCES IMMOBILIÈRES
à travers toute la France
La couverture fait donc du reportage sur l’usine transformée en château l’un des principaux sujets d’appel du numéro.
SOMMAIRE
maisons de campagne
N°13 · NOVEMBRE DÉCEMBRE 2001
4 — TENTATIONS pour craquer d’envie…
16 — LE COIN D’UN COLLECTIONNEUR Dans un cottage anglais
24 — FRISE EN PÂTE DE VERRE pour égayer votre salle de bains
26 — LONGPRA Un château de famille
32 — DOSSIER CHAUFFAGE (2ème partie) Cheminées, poêles… un plaisir qui se partage
42 — UN CHÂTEAU DANS UNE USINE Un esprit d’autrefois
50 — À BRAS OUVERTS Le grand retour des fauteuils
52 — AU MILIEU DES CHAMPS La campagne aux portes de Paris
58 — POMMES, TENTATIONS ET CALVADOS La part des anges
62 — CAMPAGNE EN FÊTE Des tables gaies et conviviales
64 — DÉCORATION PASSION Un mélange de styles
70 — DOSSIER ÉLECTROMÉNAGER Cuisines discrètes et élégantes
78 — UN COQUET PAVILLON Une ambiance délicate
88 — PLAIDS ET COUSSINS Chaleur et douceur
90 — UN JARDIN FRAGILE COMME LE VERRE prisonnier du givre
98 — UN CERTAIN TEMPÉRAMENT Une nouvelle jeunesse pour cette maison tranquille
106 — MA PROVENCE DANS VOTRE ASSIETTE Les truffes sont à l’honneur
109 — Immobilier aux quatre coins de la France, 200 maisons de charme à vendre
127 — SERVICE LECTEURS
129 — ABONNEZ-VOUS !
Ce magazine comporte un encart d’abonnement en page 98.
Couverture : Photo Jean-Pierre Lagarde
Page 43 :
UN CHÂTEAU DANS UNE USINE
Réinventant, à travers ses créations de meubles et de faïences, l’esprit d’autrefois, Jean-Baptiste Astier de Villatte vit dans une usine meublée comme un château.
Texte : Philippe Seulliet — Photos : Didier Delmas
Plutôt dandy et poète d’apparence, créateur de mobilier et de faïence inspirés des siècles passés — de la Renaissance au premier Empire — Jean-Baptiste Astier de Villatte n’a pourtant rien d’un nostalgique, et encore moins d’un adepte du plagiat, façon faubourg Saint-Antoine. Si on devait l’inscrire dans un courant, ce serait plutôt celui des « néos » (néo-classique, néo-gothique, néo-baroque, post-modernisme, etc.) qui, depuis Palladio imitant Vitruve, Napoléon copiant Rome, Viollet-le-Duc aménageant Pierrefonds — sans parler des décorateurs du XXe siècle qui ont réinterprété tous les styles — posent un regard neuf sur le passé et, finalement, réinventent l’histoire. Issu d’une famille d’artistes (père professeur aux Beaux-Arts, membre de l’Institut, mère également peintre), il fait des études d’architecture à Paris.
Page 42 légende :
Bol Régence sur des assiettes Louis XV et verres soufflés de Bollen Design. À droite, Jean-Baptiste Astier de Villatte et Gaël Déchelette, le cachet de la fabrique, des tasses pas encore cuites et un plat Directoire.
Cette légende est particulièrement intéressante parce qu’elle associe dans une même page un modèle nommé — Bol Régence — d’autres pièces de faïence et Jean-Baptiste Astier de Villatte.
Pages 44 & 45 légende :
Dans le salon, fauteuils Rocaille, tables Louis XV, miroir Amsterdam, vaisseliers florentins, console Art Déco, faïence Collection Regards.
DES OBJETS HARMONIEUX, FABRIQUÉS ARTISANALEMENT…
« Puis, raconte-t-il, mes parents ayant toujours eu la passion de restaurer des maisons, je récupérais des morceaux de bois de leurs chantiers pour en faire des meubles. Puis à la suite de cela je réalisai un premier service de vaisselle. Rencontrant alors le directeur d’un magasin de porcelaine, celui-ci décide d’exposer ma production dans son petit magasin de la rue Cherche-Midi. Cela m’a lancé, en 1993. Un moment sur une lancée, puisqu’il fonde en association, d’abord Halard et Villatte, puis la société Astier de Villatte, abritée sous le viaduc des Arts, près de la Bastille, qu’il quitte à la suite d’une discussion avec plusieurs actionnaires. Aujourd’hui, il fait donc cavalier seul, dessinant ses modèles et uniquement pour Collection Regards, qu’il a fondée en mars 1998 avec son vieux complice et associé mais non partenaire, Gaël Déchelette, qui, en tant que gérant de l’entreprise, s’occupe du côté commercial. Installés à Chinon grâce à l’appui du député-maire, Yves Dauge, ils louent à la ville l’ancienne usine… »
Page 46 :
Page 47 :
Le texte se poursuit :
« …de matériel photographique Priox qui, avec ses deux mille mètres carrés et son architecture typique des années soixante, les séduisit dès le premier coup d’œil. De part et d’autre du hall d’entrée, se trouvent à droite leurs bureaux, et à gauche leur domicile, pas si privé que ça du reste, car, jusque dans la cuisine et la salle de bains, des étiquettes de prix sur chaque objet trahissent qui leur porte, dans la journée, s’ouvre largement au public. Les nombreux visiteurs s’extasient sur le galbe d’une commode “liégeoise”, d’un vaisselier “florentin” ou d’un fauteuil “rocaille” (d’après les noms que leur a donné Jean-Baptiste), tous fabriqués à l’ancienne dans du sapin, du hêtre, du chêne, de l’acajou, teintés de couleurs naturelles à base de caséine, patinés à la cire d’abeille… et à l’huile de coude ! Cet aspect traditionnel mais cependant rajeuni, “dépoussiéré”, adapté au goût de notre époque, plaît, bien sûr, aux Européens qui y retrouvent, sous des formes épurées, un peu de leur mémoire commune, et une sorte de pérennité rassurante, réminiscence lointaine de la maison de leur grand-mère… Mais les Améri- »
Légende de la page 47 :
Ci-dessus : prolongement du salon, la salle à manger s’ouvre sur la cuisine et la chambre : table « Comtat Venaissin », lustre « Régence » en bois et céramique, poêle Godin, faïences Collection Regards et verres Bollen Design. En haut à droite : détail d’une table « liégeoise », inspirée à la fois de la Renaissance, de l’Inde, et du style Napoléon III. En dessous : sur la table de la cuisine, bouillon « Louis XV baroque », assiettes, tasse à café, « Louis XV » et « Régence », verres anciens. À droite : Dans la cuisine, ouverte sur l’usine, table « liégeoise », chaises « Adèle », cuisinière Officina Star (Carrefour).
Légende de la page 48 :
À gauche : dans un coin de la chambre, commode « liégeoise » surmontée d’un autoportrait du peintre Mainboeuf. Ci-dessus : bouts et coussins (Elsa C.), tunique afghane (Démons et Merveilles), armoire peinte fin XVIIIe. À droite : dans la salle de bains, chaises Napoléon III, miroir « Perle », vases « Becs et Œufs », Directoire.
LA VIE DE CHÂTEAU DANS UNE USINE…
Page 49 :
Le texte reprend la phrase interrompue à la page 47 :
« …cains sont les plus gros acheteurs (60 % de la clientèle), et de loin les plus enthousiastes, puisqu’ils y voient une sorte de quintessence de la vieille France. Dans les boutiques de Manhattan ou de Hollywood, une seule assiette “Louis XV” ne se vend d’ailleurs pas moins de cent dollars. Heureusement plus abordable chez nous, cette faïence est fabriquée selon la technique millénaire de l’estampage (pression manuelle de la terre sur un moule de plâtre), aujourd’hui partout remplacée par le coulage industriel, sauf dans les pays du tiers monde. En moyenne, neuf mille pièces (assiettes, tasses, bols, soupières, terrines, surtouts, vases, pichets, etc.) sont réalisées chaque mois par les dix-huit ouvriers de cette nouvelle manufacture qui perpétue, à travers un métier disparu, l’esprit des faïenceries d’autrefois, Rouen, Nevers, Moustiers ou Strasbourg. “Notre plus grande récompense, affirme Jean-Baptiste Astier de Villatte, c’est lorsque les gens nous disent, en arrivant chez nous, qu’ils viennent acheter du Chinon !” »
Commentaire :
Cette publication de novembre-décembre 2001 présente un intérêt documentaire important parce qu’elle constitue un ensemble éditorial cohérent : le sujet apparaît dès la couverture, est annoncé au sommaire, puis développé dans un reportage consacré à Jean-Baptiste Astier de Villatte, à ses créations, à son environnement et à leur fabrication.
La formulation choisie par la rédaction en ouverture est particulièrement nette : « à travers ses créations de meubles et de faïences ». Le journaliste qualifie ensuite Jean-Baptiste Astier de Villatte de « créateur de mobilier et de faïence ». Plus remarquable encore pour la question de l’originalité, l’article oppose explicitement sa démarche au « plagiat » et la définit comme un regard neuf porté sur des références historiques, permettant de « réinventer l’histoire ».
L’article ne se limite pas à une appréciation esthétique. Il fournit également des éléments matériels : il évoque la réalisation d’un premier service de vaisselle, les structures professionnelles successives, le dessin des modèles, puis nomme précisément plusieurs créations — Régence, Louis XV, Directoire, Rocaille, Liégeoise, Florentin, Adèle — dans le texte et les légendes.
Enfin, la dernière page documente précisément la technique de l’estampage, définie par la revue comme la « pression manuelle de la terre sur un moule de plâtre », et la distingue expressément du coulage industriel. Elle décrit une production de 9 000 pièces mensuelles réalisée par dix-huit ouvriers et attribue directement à Jean-Baptiste Astier de Villatte les propos conclusifs du reportage.
L’intérêt de cette pièce réside donc moins dans la seule esthétique des photographies que dans la convergence de plusieurs éléments datés et publiés par un tiers : identification nominative de Jean-Baptiste Astier de Villatte ; qualification de créateur ; attribution de créations de meubles et de faïences ; description d’une démarche personnelle de réinterprétation ; désignation de modèles précis ; description du procédé artisanal ; et reconnaissance publique de cet ensemble en 2001.
Je la présenterais sous l’intitulé : « Pièce — Maisons de campagne, n°13, novembre-décembre 2001 — Reportage “Un château dans une usine” : reconnaissance éditoriale de Jean-Baptiste Astier de Villatte comme créateur de mobilier et de faïence. »









