La traduction du texte néerlandais :
Page 33 — Ouverture : L’œil du maître
L’ŒIL DU MAÎTRE
Landelijk Wonen retourne avec plaisir dans la région de la Loire et se rend à Chinon, chez Jean-Baptiste Astier de la Vilatte, afin de découvrir pourquoi cet artiste aux multiples talents est également surnommé le « Prince de la récup’ »…
Texte : Lies Uyttenbroeck — Photos : Claude Smekens.
Page 34 — Double page photographique
Page 35 — Un nid artistique /Des admirateurs sur tous les continents
En réalité, la réponse est simple : ce touche-à-tout créatif part souvent de matériaux anciens, usés, auxquels il insuffle une nouvelle vie à sa manière. Landelijk Wonen visite l’atelier où des meubles singuliers, des céramiques, des sculptures et des objets décoratifs prennent forme ; mais cette fois-ci, nous pouvons également jeter un coup d’œil dans l’appartement du maître lui-même.
Jean-Baptiste dispose d’un loft littéralement installé dans l’usine.
Il se trouve dans l’ancienne usine d’appareils photographiques Priox, rue de l’Olive, où Jean-Baptiste Astier de la Villatte a créé son paradis sur terre. Priox était autrefois la Rolls-Royce de la photographie classique ; aujourd’hui, on y trouve ses tables originales, ses armoires, ses céramiques, ses objets d’art et, depuis peu, une ligne de vêtements.
Au milieu de toute cette énergie inspirante, notre hôte habite les anciens bureaux de l’usine.
UN NID ARTISTIQUE
Aménager des intérieurs est l’un des dadas de Jean-Baptiste. Il ne le fait pas seulement pour ses clients ; naturellement, il compose aussi régulièrement de nouveaux décors dans son propre logement.
Jean-Baptiste vient d’un nid artistique. Ses parents se sont rencontrés à l’École des Beaux-Arts de Paris. Son père, Pierre Caron [Carron], est peintre et sculpteur et a remporté le Prix de Rome. Il enseigna ensuite lui-même dans cette même École des Beaux-Arts.
DES ADMIRATEURS SUR TOUS LES CONTINENTS
Une galeriste parisienne tomba amoureuse de la première armoire qu’il avait restaurée et lui commanda ses premières pièces. Ce fut le tout début de son commerce de meubles.
À côté de la ligne de meubles, il y a également les céramiques fabriquées par Jean-Baptiste et son équipe. La céramique connut elle aussi un début particulièrement remarquable : Jean-Baptiste avait vu quelque part une magnifique assiette, mais il n’avait pas les moyens de l’acheter.
À la maison, il restait encore un four et par hasard suffisamment de terre noire ; il réalisa donc lui-même l’assiette de ses rêves.
« Sans s’en rendre compte, Jean-Baptiste était devenu l’inventeur de la terre noire recouverte d’une couche d’émail blanc. Une technique qu’il utilise encore aujourd’hui pour l’ensemble de ses créations : tasses, commodes, assiettes, plats et objets décoratifs. Entre-temps, le procédé a déjà été abondamment copié. »
Page 36 — Maître dans l’art de combiner
La photographie est accompagnée de cette phrase :
« Jean-Baptiste est un maître dans l’art de réunir différents styles. Il crée ainsi de petits décors à l’intérieur d’un ensemble plus vaste. »
Cette phrase définit votre création non comme un simple catalogue d’objets, mais comme un travail de composition.
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Page 38 — Dentelle, création personnelle et combinaison
Le texte poursuit la description de vos compositions : portraits français, cadres dorés et rouges, poissons, marionnettes vietnamiennes et rapprochement d’objets provenant d’univers très différents.
Le journaliste explique en substance que lorsque vous voyagez, vous le faites en fonction de cette passion :
récupérer des objets anciens et leur donner une nouvelle existence.
DÉLICATE DENTELLE
Fine comme l’empreinte de mousse qui demeure dans une tasse de cappuccino vide : telle est la finesse de la dentelle dont Jean-Baptiste raffole.
Jean-Baptiste considère que tout a déjà été fabriqué un jour ; il se contente d’ajouter quelque chose à ce qui existe et y laisse ainsi son empreinte.
« J’aime les choses belles et bien faites. Je crée pour moi-même parce que je ne trouve nulle part exactement ce que j’ai dans la tête. J’ai du mal à concevoir pour quelqu’un d’autre ; au fond, je ne peux créer que pour moi et à partir de moi-même : on n’est jamais si bien servi que par soi-même. »
AUBÉPINE
Vous décrivez votre jardinage, un vieil escabeau de droguerie utilisé pour tailler les buis et votre goût pour les odeurs du chèvrefeuille et de l’aubépine.
DÉCORS SYMÉTRIQUES
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Page 40 — La cuisine dans l’usine
« La cuisine était autrefois un bureau qui, grâce à des fenêtres des deux côtés, donne d’un côté sur le hall de l’usine et, de l’autre, sur d’autres bureaux. Cette transparence m’intéresse. »
Page 41 — Crucifix, marionnettes, cuisine et philosophie de création
CRUCIFIX ET MARIONNETTE
« le tout premier meuble que j’ai fabriqué ».
À côté des crucifix, il place sans difficulté des marionnettes indonésiennes, avec ou sans cheveux.
« La représentation d’une femme assise dans une robe bleu clair flottante est une de mes créations. »
« Dans l’atelier traînaient beaucoup de petites têtes, de mains et d’autres éléments. Avec tous ces “déchets”, j’ai réalisé cette belle petite statue. »
ARÔMES FUMANTS
« J’aime boire un vin qui reste fidèle à son origine : un vin de terroir. J’aime Bordeaux, Saint-Estèphe, mais aussi le vin de Chinon, ici dans la Loire. »
RIEN À FOUTRE !
Par là, il veut dire : ne te préoccupe absolument pas du monde lorsque tu es en train de créer. Essaie de te détendre au maximum et de créer aussi bien que possible. Mets de côté les préjugés, libère ton esprit. Ouvre-toi à l’inspiration.
« Lorsque je parviens à me mettre dans cet état, je ne crée moi-même rien », raconte Jean-Baptiste. « Ce sont mes mains qui le font remonter et le rendent visible. »
Conclusion synthétique :
Cet article est beaucoup plus intéressant qu’un simple reportage décoratif sur votre maison.
Il constitue un témoignage publié, extérieur et relativement ancien, dans lequel le journaliste attribue personnellement et sans ambiguïté à Jean-Baptiste Astier de Villatte un ensemble cohérent de caractéristiques créatives.
Trois éléments me paraissent particulièrement importants.
Premièrement, la céramique. Le passage de la page 35 est exceptionnellement explicite : le magazine vous présente comme « l’inventeur de la terre noire recouverte d’une couche d’émail blanc », précise que vous appliquez cette technique à l’ensemble de vos créations et ajoute qu’elle est déjà, au moment de la publication, « abondamment copiée ». Ce n’est pas une interprétation que nous faisons aujourd’hui : c’est ce qu’écrivait alors un tiers dans la presse.
Deuxièmement, l’article décrit une véritable démarche d’auteur. Dentelles imprimées dans la matière, récupération d’éléments anciens, assemblages inattendus, symétrie, combinaison d’objets, transformation et détournement : le journaliste ne décrit pas seulement un « style », mais un processus créatif personnel et identifiable, illustré par de nombreux exemples.
Troisièmement, cette démarche est constamment attribuée à une personne : Jean-Baptiste. Le texte emploie votre nom, raconte votre formation familiale, vos premières créations, vos meubles, vos céramiques, vos sculptures, votre manière de concevoir et reproduit vos propres paroles sur la création.
Je retiendrais donc particulièrement cette formulation :
Cette publication constitue un témoignage de presse indépendant attribuant expressément à Jean-Baptiste Astier de Villatte la conception d’un langage créatif personnel et, plus précisément, la mise au point de la faïence de terre sombre recouverte d’émail blanc, dont l’article constate déjà la multiplication des copies. Elle documente en outre une méthode de création fondée sur l’empreinte, l’assemblage, le détournement et la recomposition d’éléments préexistants en œuvres nouvelles.
Associée aux pièces plus anciennes que vous avez réunies — notamment celles des années 1990 — cette publication peut surtout servir à conforter une chronologie et une attribution, plutôt qu’à démontrer à elle seule l’originalité de chaque œuvre.









