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dans les pas de Pierre Carron

Sur les pas du père de Jean-Baptiste, Pierre Carron peintre et académicien.

Dans les pas de Pierre Carron, il ne s’agit pas d’hériter, mais de répondre. Carron n’ajoutait rien : il exigeait. La matière n’était pas un support, mais une épreuve.

Chez Jean-Baptiste Astier de Villatte, cette exigence ne s’atténue pas — elle s’étend.

Aucune rupture familiale. Aucun geste d’opposition. Mais une tension demeure, irréductible. Non celle des rivalités visibles, mais celle, plus décisive, d’un enfant touché par la grâce, celle aussi du couple. Une désignation silencieuse. Un écart. Une place.

Ce n’est pas une intention. C’est un fait.

Le travail en procède.

Un classissisme déplacé, tenu, infléchi juste ce qu’il faut pour ne pas se figer. Non une citation du passé, mais sa mise en mouvement.

Architecture, peinture, sculpture, faïence, habits, jardin, cuisine : il ne change pas de domaine. Il les traverse. L’environnement n’est pas un cadre, mais un champ continu.

La matière le prouve. Faïence brune, chamottée, émaillée en blanc brillant. Empreintes d’orfèvrerie. Rien n’est décoratif. Tout est structuré.

Il ne s’agit ni d’une variation, ni d’une interprétation.

Il s’agit d’une continuité d’œuvre.

Relever le patronyme Astier de Villatte ne rompt rien. Cela distingue. Cela précise. Le nom n’est pas un signe : c’est une charge. Le porter engage à maintenir une cohérence, non à la déplacer.

Dans cette ligne, la présence de la mère — Micheline — n’est pas périphérique. Elle est constitutive. Elle a peint. Puis s’est retirée. Mais ce retrait n’efface rien. Il transforme. Son influence demeure, au sein du couple, dans la filiation, dans ce qui se transmet sans se dire.

Une origine agit.

Alors, au-delà de toute rivalité, une seule question subsiste : que faire de ce qui a été engagé ?

Soutenir l’œuvre d’un Éternel disparu — l’académicien — non comme mémoire, mais comme continuité active.

Peindre. Non pour évoquer. Pour répondre.

RĂ©aliser les vitraux manquants Ă  OrlĂ©ans, au sein de la CathĂ©drale Sainte-Croix d’OrlĂ©ans. Non pour complĂ©ter. Pour poursuivre.

Comme Pierre Carron le faisait, avec cette exactitude du geste qui ne laisse rien au hasard.

L’hommage, ici, n’est pas une posture. Il engage l’auteur.

Et l’auteur ne choisit pas. Il est tenu.

Il ne s’efface pas. Il ne remplace pas. Il prolonge.

Cette position n’est pas déclarée. Elle est reconnue. Le soutien des architectes en chef des Monuments historiques — Jacques Moulin, et plus encore Régis Martin — en atteste.

Le geste est juste.

Le pinceau ne représente pas. Il relie.

Il ne comble pas une absence. Il maintient une continuité.

Ainsi, l’hommage devient acte. Et l’acte désigne l’auteur.

Dès lors, la question n’est plus de savoir qui agit.

Mais si l’œuvre peut se poursuivre sans lui.


RĂ©vĂ©latrice: Pierre Carron dessine, Micheline l’ observe, Jean-Baptiste l’imite/

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