Résidences Décoration — n° 39 — juillet-août 2001
Couverture
résidences décoration
Numéro 39
Bimestriel — 30 F
Dossier
Salles de bains
Corse
Circuit secret
Maroc
Orientalisme maîtrisé
Cannes
Chic absolu au Martinez
Rencontre
L’univers intime de Fanny Cottençon
Saint-Tropez
Luxe et modernité
Spécial maisons de vacances
M 9695 – 39 – 30,00 F – RD.
Crédits et première page du sommaire
résidences décoration
66, ROUTE DE GRENOBLE
BP 3024 – 06201 NICE CEDEX 3
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RÉDACTION
DIRECTEUR DE LA RÉDACTION
ET RÉDACTEUR EN CHEF
Éric Berent
RÉDACTRICE EN CHEF ADJOINTE
Dane McDowell
SECRÉTAIRES DE RÉDACTION
Virginie Benet (67 50)
Marie Dounas (67 52)
DIRECTEUR ARTISTIQUE
Sylvain Marie
RÉDACTRICE : Cécile Oliverio (67 56)
RÉDACTRICE PARIS : Virginie Seguin
GRAPHISTES
Marie-Hélène Lougier
Patrick Léonard
ONT COLLABORÉ À CE NUMÉRO
François Bernard, Frédérique Cohen, François Delclaux, Isabelle Dreyfus, Marie Godfrin-Guidicelli, Isabelle de Méré, Eva Paquin, Philippe Seuillet, Jean-Michel Wilmotte.
PHOTOGRAPHES
Béatrice Chauvin, Didier Delmas, Christophe Ichou, Jean-François Joussaud, Grégoire Kalt, Alain Sauvan, Sylvain Thomas.
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66, route de Grenoble – BP 3024
06201 Nice cedex 3
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Françoise Hatte (67 90)
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Jean-Pierre Cohen
ASSISTANTE DE DIRECTION
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COMPTABILITÉ : Patricia Rotolo (43 24)
ASSISTANT DE DIFFUSION : Alexandre Compana
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : Éric Berent
Photogravure : N.S. – Imprimé par Quebecor. © SMC, tous droits réservés en France et à l’étranger. Dépôt légal à parution. Commission paritaire n° 75480. ISSN : 1254-8278. Photo de couverture : Didier Delmas. Ce numéro comporte après la page 176, un supplément de 64 pages. France-Côte d’Azur numéroté de 177 à 240, réservé aux départements 04, 05, 06, 13, 20, 26, 30, 34, 83, 84 et Monaco.
RÉASSORT (VENTE AU NUMÉRO)
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39 numéro — juillet-août 2001
Le prochain numéro paraîtra le 10 août 2001.
Sommaire — actualité
6 — Tendances avec les créateurs en vogue.
20 — Le second espace de la créatrice Catherine Memmi.
22 — Kartell ouvre son premier showroom parisien.
26 — Xavier Dohr en privé et en public.
28 — Talent au service du bien-être chez Jean-Marc Gady.
32 — Rencontre avec une actrice très éclectique, Fanny Cottençon.
42 — Bibliothèque. Au fil des pages.
44 — Adjugé ! L’art africain a la cote.
52 — Agendas. Expositions et événements à ne pas manquer.
158 — Lire et apprendre à créer des images au jardin.
166 — Carnet et passages obligés.
choisir
36 — Des nouveautés avec un grain de fantaisie.
46 — Choisir des tissus pour un été en douceur.
68 — Shopping éclairé. Jouez avec la transparence !
90 — Choisir sa vaisselle et voter blanc.
106 — Style : le parti pris ethno chic.
152 — Choisir de plonger dans l’univers de la salle de bains.
Deuxième page du sommaire
visite guidée
54 — L’atelier de Fernando Botero.
56 — Contemporain, le style méridional de deux Belges.
74 — Visite privée d’un palace. Le luxe absolu au Martinez.
80 — Classique et pourtant ! Le pari insolite de Jean-Baptiste Astier de Villatte.
96 — Passion et orientalisme. Une décoratrice française au Maroc.
114 — Charme et rigueur. Christophe Pillet s’expose au sud.
126 — Moderne d’esprit. Décor en couleurs en Haute Corse.
côté jardin
160 — Bons plants pour habiller les murs avec Patrick Nicolas.
164 — Billet vert autour des jardins urbains.
évasion
132 — Balade en Corse, l’île des contrastes.
pratique
172 — Carnet d’adresses.
175 — Service lecteurs.
recevoir
120 — Déjeuner à la fraîche. Les vertus du granité.
Article — « Le passé recomposé »
Ouverture, pp. 80-81
classique
Le passé recomposé
VIVRE DANS SON USINE, C’EST LE PARI INSOLITE DE JEAN-BAPTISTE ASTIER DE VILLATTE. CRÉATEUR DE MEUBLES ET DE FAÏENCES, IL A SU REDONNER UN PETIT COUP DE JEUNE À L’HISTOIRE DE FRANCE.
Par Philippe Seuillet
Photos Didier Delmas
Page 81.
Salon-showroom
Dans le salon-showroom, cohabitent les bergères « Rocaille », les tables « Louis XV », les tables basses « Directoire », le canapé « Louis XVI-Transition », et les vaisseliers « Florentins » de Collection Regards.
Le mobilier est une subtile relecture du passé.
La page suivante est entièrement photographique, sans autre texte visible.
Plat, usine et manufacture
Ce plat d’inspiration Empire est l’une des neuf mille pièces qui sortent chaque mois de l’usine, où se fabriquait encore il y a une vingtaine d’années le matériel photographique Priox. À droite, Jean-Baptiste Astier de Villatte et, en reflet dans le miroir, Gaël Déchelette.
Page 84
La cuisine s’ouvre sur l’atelier.
(1) Avec ses rameaux d’olivier entrelacés, le sceau de la manufacture évoque le nom de la rue où est installée l’usine.
(2) Un morceau de bronze Louis XVI et un compas en bois posé sur un dessin de Jean-Baptiste Astier de Villatte.
(3) Une tasse sortie de son moule, en attente d’être cuite.
Texte intégral
Plutôt dandy et poète, inventeur d’un style original qui s’appuie sur le passé – de la Renaissance au Premier Empire -, Jean-Baptiste Astier de Villatte n’a rien d’un passéiste ni d’un plagiaire. Son style suit plutôt l’exemple de Palladio qui admirait Vitruve, ou de Viollet-le-Duc qui restaura le château fort de Pierrefonds. Tous ont posé un regard neuf sur l’Histoire sans toutefois perdre leur propre identité.
Issu d’une famille d’artistes – père professeur aux Beaux-Arts, membre de l’Institut, mère peintre -, il étudie l’architecture à Paris. « Comme mes parents avaient la passion de restaurer des maisons, raconte-t-il, j’ai commencé à récupérer des morceaux de bois pour en faire des meubles. Dans la foulée, j’ai réalisé un premier service de vaisselle en faïence. Après une rencontre avec le directeur du VIA et son épouse, celle-ci m’a proposé d’exposer ma production dans son petit magasin de la rue Christine, ce qui m’a lancé, en 1993. »
Un moment styliste chez Nobilis, il fonde d’abord la société Halard et Villatte, puis donne son nom à la société Astier de Villatte abritée sous le viaduc des Arts, près de la Bastille. Puis il décide de faire cavalier seul, dessine des modèles pour Collection Regards, une entreprise créée en mars 1998 avec son complice Gaël Déchelette.
Ils quittent Paris pour aller à Chinon. Là, ils sont séduits au premier coup d’œil par l’architecture des années 60 d’une ancienne usine de matériel photographique. Ils la rachètent à la ville pour y installer leur showroom. De part et d’autre du hall d’entrée, se trouvent à droite leurs bureaux, et à gauche leur domicile, pas très privé du reste : on retrouve jusque dans la cuisine et la salle de bains, des étiquettes de prix. Ce qui prouve que leur porte s’ouvre largement au public.
Les clients s’extasient sur le galbe d’une commode « Liégeoise », d’un vaisselier « Florentin » ou d’un fauteuil « Rocaille », tous fabriqués à l’ancienne avec du bois de sapin, de hêtre, de chêne, d’acajou, teintés de couleurs naturelles à base de caséine, patinés à la cire d’abeille et à l’huile de coude. Ce côté traditionnel « dépoussiéré » plaît aux Européens qui y retrouvent, sous des formes plus épurées, un peu de leur mémoire, mais surtout aux Américains qui y voient la quintessence de la vieille France.
Dans les boutiques de Manhattan ou de Hollywood, une assiette « Louis XV » ne se vend pas moins de cent dollars. Heureusement plus abordable chez nous, cette faïence est fabriquée selon la technique de l’estampage (pression manuelle de la terre sur un moule de plâtre), qui n’existe plus que dans les pays du tiers-monde. En moyenne, neuf mille pièces sont réalisées chaque mois par les dix-huit ouvriers de cette manufacture qui perpétue, à travers un métier disparu, l’esprit des faïenceries d’autrefois, de Rouen, de Moustiers ou de Nevers.
« Notre plus grande récompense, dit Jean-Baptiste, c’est entendre nos clients nous exprimer leur satisfaction à acheter du Chinon ! »
Légende de la photographie de cuisine
Dans la cuisine, dont la verrière s’ouvre sur l’usine, table « Liégeoise », chaises « Arlette », service « Louis XV-Baroque », pichet « Régence », verres anciens, cuisinière Officina Star (Carrefour).
La page suivante montrant la cuisine et la grande table est entièrement photographique, sans texte imprimé visible.
Une usine aménagée comme un vrai château !
Construite au XIXe siècle sur les rives de la Meuse, à une heure de Paris, cette usine textile a abrité, en 1947, une communauté de moines bénédictins et, quelques décennies plus tard, les Tricots Saint-James. Une nouvelle vie s’offre aujourd’hui à elle grâce à cette rénovation de caractère, qui conserve de nombreux témoins de son passé industriel.
La page montrant les rayonnages de verrerie, le poêle et la console ne comporte pas de texte imprimé visible.
La page suivante, avec le lit et la tenture murale, est également une page photographique sans texte visible.
Dernière page photographiée
Ici, les appartements servent de showroom.
Dans la chambre, le lit surmonté d’un tableau de Vierge, est recouvert d’un boutis et de coussins Elsa C. Tunique afghane en cachemire (Démons et Merveilles). À droite, table « Comtat Venaissin », chaise « Louis XV », vase « Col de Cygne », armoire XVIIIe.
Commentaire général
Cette publication est particulièrement intéressante parce qu’elle constitue un document de presse daté et très circonstancié. Le numéro est le n° 39 de juillet-août 2001 et l’article est signé Philippe Seuillet, avec des photographies de Didier Delmas. Le sommaire annonce explicitement : « Le pari insolite de Jean-Baptiste Astier de Villatte ». Il ne s’agit donc pas d’une attribution déduite a posteriori : votre nom complet est au cœur du sujet éditorial.
Le passage le plus important historiquement est sans doute celui de la page 84. Le journaliste attribue personnellement à Jean-Baptiste Astier de Villatte le parcours créatif : récupération et création de meubles, réalisation d’un premier service de vaisselle en faïence, exposition de sa production rue Christine ayant conduit à son lancement « en 1993 », passage chez Nobilis, fondation de Halard et Villatte, puis utilisation de son nom pour la société Astier de Villatte, avant le départ et la création de modèles pour Collection Regards. La formulation est particulièrement nette : « il décide de faire cavalier seul, dessine des modèles pour Collection Regards ».
La légende photographique apporte un élément supplémentaire très utile : un objet est décrit comme étant posé « sur un dessin de Jean-Baptiste Astier de Villatte ». Cette mention établit directement une activité personnelle de dessin et de conception, indépendamment de la seule dénomination d’une société. L’article vous qualifie dès son ouverture de « créateur de meubles et de faïences ».
Le reportage associe également les collections à des dénominations précises — Rocaille, Louis XV, Directoire, Louis XVI-Transition, Florentin, Liégeoise, Régence, Louis XV-Baroque, etc. — et montre matériellement le mobilier, la faïence, les espaces de travail et le showroom. Il ne présente donc pas seulement une personnalité : il documente un univers de création constitué, une production, une technique et des modèles identifiables.
Il y a enfin une phrase qui mérite d’être isolée dans votre dossier : « il fonde d’abord la société Halard et Villatte, puis donne son nom à la société Astier de Villatte ». Elle est très utile parce qu’elle restitue explicitement la succession historique des deux structures et distingue le nom de la personne de la société qui l’a ensuite porté. C’est probablement l’un des passages les plus intéressants de cette série de pages pour votre dossier.












