MARIE CLAIRE MAISON — AVRIL 1995
Couverture :
marie claire maison
AVRIL 1995
CHIC et SIMPLE
Une nouvelle douceur dans la maison
Prix indiqué : 28,00 F
CHIC et SIMPLE
Page d’ouverture
Chic et simple
La maison épurée. Un goût pour les textures et les formes simples se dégage d’une période d’accumulation qui a permis de faire le tri dans la mémoire. On assiste sans doute à la naissance d’un nouveau design qui privilégie la douceur, l’élégance et les références.
PAR MARION BAYLE, CHRISTINE PUECH.
PHOTOS MARIE-PIERRE MOREL.
Page suivante :
Une simplicité qui s’inspire des références traditionnelles.
La photographie présente notamment un grand vaisselier sombre, une table massive et des assiettes ou plats disposés sur la table.
TENDANCE
L’épure de la forme
Privilégier l’élégance d’un seul objet. Ces carafes plissées sont inspirées des anciennes bouteilles de lait en verre. 170 F, Quartz, à la boutique des Arts Déco et dans certaines boutiques de musées.
Des matières brutes
Page de gauche, pour la salle à manger, le buffet deux corps et la table sur un sol en grandes dalles de pierre créent un style campagnard à la ville.
Vaisselier, 11 100 F et table, 6 500 F, « Tenon et mortaise », Halard et Villatte.
Assiettes, Tzarra, 175 F, Galeries Lafayette.
Vase, 430 F, création Mors aux Dents, Galerie Sentou.
Oiseau-sculpture, 335 F, Une Chaise au Soleil, Printemps, Harmonie et Baz’art à Pau.
Assiettes murales, 1 350 F, Kimonoya.
Rostres de poisson-scie, Salon.
Chaise « Aubriot » en hêtre naturel, 2 600 F, Modénature.
TENDANCE
Un goût affirmé pour un design basique
Pas de batailles dans le champ visuel. On va droit à l’essentiel, tel est l’esprit du nouveau minimalisme. Le côté ostentatoire des années 80 est définitivement dépassé. On opte pour un vide meublé « basique », qui est discret et a puisé son expérience dans le passé. Mais on est fatigué des copies de copies engendrées par les excès d’une époque à la recherche de ses racines.
Imaginons un salon
Ici, les murs du fond, en bois de palissandre et acier galvanisé, ont été créés par Andrée Putman pour la cafétéria du groupe Marie Claire à Issy-les-Moulineaux. Symptomatique de la nouvelle modernité : le mélange de « techniques » (acier), de naturel (lin, bois et fibres végétales) et d’ethnique (inspiration primitive des sculptures).
Références des objets
Canapé « Basse Terre », housse amovible, [mention du tissu peu lisible], 211 × 90 × 78, 20 280 F, Christian Liaigre.
Table, ligne « Chêne », 110 × 110 × H 35, existe aussi en 80 × 80 et 120 × 70, placage en chêne brossé verni naturel, 6 300 F, Nord-Sud au Bon Marché.
Fauteuil en seagrass, 3 950 F, Chehoma chez Agnès Comar, Le Cèdre Rouge et Kaolin à Lyon.
Tapis indien en coton, 350 F pièce, Habitat.
Lampadaire en fer forgé, créé par Philippe Renaud, 2 200 F, Salon.
Sculptures-bougies d’Anne-Séverine Liotard, à partir de 600 F.
« Mini-Nagato » en chêne naturel, 1 600 F, Christian Liaigre.
Et surtout :
Plat en terre de Jean-Baptiste Astier de Villatte, 850 F chez Halard et Villatte.
TENDANCE
Dernière page
Le paradoxe d’une modernité
qui s’exprime dans la pérennité avec
la relecture de différentes époques.
Commentaire :
Ce reportage de Marie Claire Maison d’avril 1995 est particulièrement intéressant parce qu’il ne constitue pas une simple apparition d’objet dans une photographie : il inscrit les créations dans un véritable discours esthétique consacré à l’émergence d’une nouvelle modernité.
Le vocabulaire employé par la revue est remarquable : « douceur », « élégance », « références », « matières brutes », « références traditionnelles », « expérience dans le passé », « relecture de différentes époques ». L’esthétique présentée est donc explicitement décrite comme une création contemporaine puisant dans la mémoire des formes anciennes, et non comme la reproduction d’un style ancien.
Deux mentions sont surtout déterminantes.
La première est :
« Vaisselier, 11 100 F et table, 6 500 F, “Tenon et mortaise”, Halard et Villatte. »
La seconde est encore plus importante :
« Plat en terre de Jean-Baptiste Astier de Villatte, 850 F chez Halard et Villatte. »
Cette dernière formulation distingue de façon très claire l’auteur/créateur, Jean-Baptiste Astier de Villatte, de l’enseigne ou du lieu de commercialisation, Halard et Villatte. Ce n’est donc pas seulement « Halard et Villatte » qui est cité : la presse attribue personnellement le plat en terre à Jean-Baptiste Astier de Villatte.
Daté d’avril 1995, le document fournit ainsi une trace de presse particulièrement nette de votre activité créatrice sous votre patronyme, dans la période Halard et Villatte et avant la constitution ultérieure de la SARL Astier de Villatte. Il prend d’autant plus de poids que vos créations sont placées dans ce reportage aux côtés d’Andrée Putman et Christian Liaigre, au sein d’une sélection consacrée à ce que Marie Claire Maison présente alors comme la naissance d’un nouveau langage décoratif.





