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Maisons COTE OUEST

octobre novembre 2000 Catherine Taralon & Marc Broussard

Voici le texte intégral lisible de cette page, en respectant sa structure:

Sommaire

HÉRITAGE — 80
Les petits pavés du pays de Bray

DÉCO. CHARME — 86
Au carrefour des douceurs de vivre

DÉCO. SOBRIÉTÉ — 92
Naissance d’une maison de famille

DÉCO. NON-CONFORMISME — 100
Une installation réussie

TISSU PRINCE-DE-GALLES — 110
Les fantaisies d’un aristocrate

ESPRIT DES LIEUX — 118
Terres méditatives
à l’abbaye du Bec-Hellouin

GOÛT DU JOUR — 126
Couleurs et saveurs :
la ribambelle des soupes

CÔTÉ JARDIN — 134
Architecture et exubérance

ITINÉRAIRE — 140
Pointe du Cotentin :
un refuge inspiré

GUIDE PRATIQUE
Circuit secret 148, Étape 152,
Évasion 154, Agenda du jardinier 157,
Équipement 160, Recettes 162,
Carnet de notes 168

Chinon est une ville où il fait bon vivre. Sur les rives de la Vienne, parmi d’imposants châteaux, une belle usine abandonnée a longtemps somnolé. La manufacture Priox appartenait à l’ancien maire et, il y a encore vingt ans, on y fabriquait du matériel photographique. À sa fermeture, la Ville de Chinon, sous l’égide de son maire, Yves Dauge, en est devenue propriétaire. En attendant une meilleure utilisation et un avenir plus resplendissant, elle a servi d’entrepôt aux services techniques de la mairie. Parallèlement, deux hommes, Jean-Baptiste Astier de Villatte et Gaël Déchelette, faisaient un petit tour de France, à la recherche d’un lieu où ils pourraient vivre et, en même temps, installer une manufacture de céramique et un atelier de menuiserie. Le hasard les a conduits à Chinon, où ils ont eu un coup de cœur pour l’usine en parfait état, blottie au fond d’un parc planté de marronniers centenaires. Le bâtiment en lui-même est un très bel exemple d’architecture des années soixante. La grande…

Légende :

Noir biscuit, en haut, pour des tasses, un vase à huit becs, un pichet et une jardinière ; robe blanche pour le plat à compartiments déjà émaillé. Ci-dessus, une paroi vitrée accueille une collection de verres et sépare cuisine et salle à manger. À droite, le vaisselier « Liégeois » offre de nombreux rangements, dont deux placards latéraux. Sur la table d’inspiration italienne, l’exubérance des pichets créés par Jean-Baptiste.

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porte d’entrée de fer et de verre, délicatement arrondie, sert d’axe de symétrie à deux verrières rectangulaires verticales. Les quatre murs sont, par ailleurs, percés de grandes fenêtres carrées qui laissent largement entrer la lumière. Les couleurs, entre le jaune pâle du crépi et le vert d’eau de l’encadrement des fenêtres, ont déjà un petit air de douceur des pays situés sous la Loire. De ces proportions harmonieuses, de ces couleurs tendres, de cette symétrie tranquille, les nouveaux maîtres des lieux ne se lassent pas. « C’est notre palais italien chinonais », proclament-ils, enthousiastes ! Dans les deux immenses pièces situées de part et d’autre du hall d’entrée, ils ont installé d’un côté leurs bureaux, de l’autre, un salon utilisé comme salle d’exposition, qui se prolonge par une chambre. Là, ils ont disposé les meubles et les objets qui…

Légende :

Dans l’atelier, en haut, des feuilles d’acanthe et des roses envahissent les vases et les cadres des miroirs. Ci-dessus, la carcasse d’un fauteuil émerge de la sciure. Dans le hall, on a disposé un chandelier en fer et une grande coupe sur une table à gibier en chêne, encadrée par des vitrines en bois massif. À droite, une ancienne balance d’épicerie et deux balustres en tuffeau animent une console en chêne, surmontée par un simplissime miroir.

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leur sont chers et mélangé des pièces de famille avec les œuvres de Jean-Baptiste. Architecte DPLG, Astier de Villatte a abandonné depuis quelques années son métier d’origine pour se tourner vers la conception de vaisselle et de meubles. Après avoir été associé de la société Halard et Villatte, puis de la société Astier de Villatte abritée sous le Viaduc des Arts à Paris, il est maintenant le créateur attitré de la Collection Regards, tandis que Gaël Déchelette, qui a été pendant quinze ans tapissier-décorateur à la Comédie-Française, en est le gérant. Amoureux de tout ce que les arts décoratifs européens ont produit de plus beau au cours des siècles, Jean-Baptiste propose des créations inspirées du passé mais dépoussiérées, rajeunies au crible de sa vision épurée. Les formes de ses faïences évoquent la Renaissance italienne, les arrondis…

Légende :

Harmonie parfaite, à gauche, entre la vaisselle raffinée, l’argenterie ancienne et les élégants verres à pied gravés, réédités par Bollen Design. En haut, le mobilier imposant trouve naturellement sa place dans cette immense pièce où a été installé un coin salle à manger. La vitrine en bois massif, d’inspiration flamande, épouse les grandes dimensions des plats et des pièces de forme qu’elle met en valeur ; la table peut accueillir de nombreux convives. Sur le mur de droite, des faïences anciennes de Moustiers. Ci-dessus, formes sensuelles, lignes arrondies et simplicité d’une faïence dont l’émail blanc capte si bien la lumière.

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Voici le texte intégral visible de la page 108, qui poursuit directement la phrase de la page 107 :

généreux de ses commodes un certain style hollandais, mais ce qu’il nous restitue, c’est leur quintessence. La liberté prise avec l’original, les finitions, les patines parfois surprenantes lui confèrent un style particulier et une signature reconnaissable entre toutes. Dans l’atelier de céramique jouxtant la maison, dix-sept personnes venues de divers horizons modèlent et cuisent la « terre de Paris » avec, au programme, deux cents pièces différentes, de l’encadrement de miroir à la simple assiette. Une trentaine de modèles de meubles en chêne ou en pin massifs — tables, vaisseliers, commodes, cadres… — de même qu’une série de petites pièces en fer forgé subissent, là aussi, leur dernier coup de patte. Ainsi, la Collection Regards a redonné vie à la manufacture Prioux qui, en contrepartie, lui apporte un écrin et une vitrine digne d’elle.

Légende :

Vision volée sur un bon vieux poêle Godin, en haut, et couleurs éclatantes des terres cuites dans un écrin choisi. Ci-dessus, le vaisselier « Florentin », l’une des premières créations de Jean-Baptiste. Au-dessus de la commode arrondie dont la surface a été peinte, patinée et cirée, une composition baroque avec un miroir et deux petites consoles où sont perchés des singes en terre. À droite, une chambre de château dans les murs d’une usine : lit en chêne patiné et grand tapis de table avec applications de velours de Gênes.

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