EN PLEINE CRÉATION
ÉDITORIAL — BRIGITTE VON BOCH
Chers lecteurs,
Êtes-vous plutôt du genre lumineux ou du genre sombre ? Je ne parle évidemment pas de la couleur de votre peau ou de vos cheveux ; je pense à votre conception des jours de fête. Certains aiment que la lumière rende tout visible, d’autres préfèrent justement l’invisible, l’indéfini, et peuvent développer beaucoup d’émotions dans cette atmosphère. Cela vaut tout particulièrement à Noël. Lorsque nous faisons la fête avec les lumières du sapin, nous pouvons enfin laisser libre cours à notre désir de décoration.
Dans ce numéro, nous voulons vous montrer les deux : des Noëls lumineux et des Noëls sombres, des inspirations pour toutes les sensibilités et toutes les âmes. Nos préférences nous conduisent volontiers, le plus souvent, vers l’enfance. Ces images sont profondément ancrées en nous, et il existe des personnes, comme l’architecte d’intérieur Clare Hanson, qui quittent l’Asie avec toute leur famille pour retourner en Angleterre — afin d’y vivre enfin de nouveau un véritable Noël.
J’aurais d’ailleurs dû demander à Hubertus von Hohenlohe où il préfère célébrer les fêtes à la fin de l’année. Ce grand voyageur aux multiples talents fête à Crans-Montana. Né au Mexique, fils de la princesse Ira von Fürstenberg et du prince Alfonso von Hohenlohe, ce prince possède des racines au Mexique, en Espagne et en Autriche. Mais il est surtout représenté ici comme un homme de cœur, qui fut coureur de ski, chanteur et photographe : un descendant de la haute noblesse qui a toujours suivi son propre chemin.
Le passage concernant Jean-Baptiste Astier de Villatte :
Il en va de même pour Jean-Baptiste Astier de Villatte — un homme croyant. Ce céramiste de caractère place également sa confiance dans sa créativité, et c’est pourquoi ses créations cuites au four sont très recherchées dans le monde entier. Il les fabrique à Chinon, sur les bords de la Loire, dans une ancienne usine des années trente, où Villatte vit et travaille.
Une nouvelle destination a également été trouvée pour un pavillon de chasse du XVIIIe siècle qui, jusqu’à l’effondrement du Mur, se trouvait en Allemagne exactement sur le Rideau de fer. Dans la faisanderie de Hermannsfeld vivent et travaillent aujourd’hui Ulrike et Jens Lilienbecker. Elle se situe tout à l’ouest de la Thuringe, dans la réserve de biosphère de la Rhön, paysage culturel protégé par l’UNESCO. Les deux universitaires y produisent, avec des habitants de la région et sous le label Wild und Grün, de délicieuses spécialités que l’on peut même acheter chez Dallmayr à Munich.
Une confiture de myrtilles sauvages cueillies à la main serait peut-être une idée de cadeau pour Noël. Mais nous voulons également vous montrer quels accessoires luxueux nous ont séduits et où nous pouvons le mieux nous imaginer en tenue du soir : dans le showroom merveilleusement décoré de Baccarat à Paris — derrière lequel se cache une histoire passionnante.
Un menu de Noël d’inspiration italienne imaginé par Cornelia Poletto, chef étoilée de Hambourg, ainsi que des « Noëls blancs » sur le plateau à biscuits complètent notre numéro de Noël. Nous restons cependant fidèles aux traditions familières, par exemple au rouge et au vert. À Noël, cette association décorative de couleurs ne doit surtout pas manquer !
Peut-être réussirons-nous à vous donner un peu d’avance le plaisir de l’Avent et celui des cadeaux. Mais ne vous laissez surtout pas gagner par le stress, car ces journées particulières précédant Noël sont tout simplement sacrées !
Je vous souhaite un merveilleux Noël.
Brigitte von Boch
Petit commentaire :
Cette préface renforce sensiblement l’intérêt de l’article. Avant même le reportage, la directrice de la publication présente personnellement Jean-Baptiste Astier de Villatte comme un céramiste créateur dont les œuvres sont recherchées dans le monde entier, et situe leur fabrication à Chinon. Le reportage qui suit développe ensuite cette attribution en décrivant ses dessins, ses modèles, ses sculptures et le travail de l’atelier.
Pour un dossier documentaire, je placerais donc cette page immédiatement avant la page 70 : elle constitue une introduction éditoriale indépendante au reportage et renforce sa portée comme témoignage publié en 2007.
LE GÉNIAL CÉRAMISTE
JEAN-BAPTISTE ASTIER DE VILLATTE
VIT ET TRAVAILLE SUR LES BORDS DE LA LOIRE
DANS UN UNIVERS CRÉATIF MERVEILLEUX
TEXTE : STEFANIE VON WIETERSHEIM
PHOTOS : CLAUDIA VON BOCH
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Une zone industrielle sans apparence particulière dans la petite ville de Chinon, sur la Loire. Un petit bâtiment d’usine datant des années 1960. Devant, une enseigne : Collection Regards. Rien n’indique que derrière cette façade des plus ordinaires vit et travaille l’un des créateurs français les plus singuliers de notre époque : Jean-Baptiste Astier de Villatte, un homme aussi charmant et plein d’allant que son nom est sonore.
Un homme dont les rêves colorés semblent faits d’assiettes, de sculptures et de meubles qui se vendent aussi bien dans les grands magasins de luxe new-yorkais qu’en Corée du Sud, au Japon ou au Koweït. Un homme qui aime jouer de la musique baroque à la flûte à bec et qui s’entoure de statues de la Vierge…
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Le duo qui transforme les rêves en argile : Gaël Déchelette et Jean-Baptiste Astier de Villatte ont créé, avec leur entreprise Collection Regards, un nouveau style de céramique française dans lequel les éléments traditionnels sont recomposés. Leurs objets émaillés et colorés — comme les deux bustes féminins et les cruches — constituent de merveilleux objets décoratifs aussi bien dans les intérieurs modernes que dans les maisons anciennes.
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L’ÉQUIPE
Les collaborateurs de l’artiste Jean-Baptiste Astier de Villatte transforment, grâce à leur savoir-faire individuel, les dessins du maître en matière cuite. Les métiers sont aussi inhabituels que leurs noms : mouleurs, estampeurs, enfourneurs et émailleurs — fabricants de formes, estampeurs, spécialistes des fours et emballeurs ont été personnellement formés par Astier de Villatte.
…et qui aime les fleurs exotiques dans sa chambre. Même dans la scène française du design et de l’art, pourtant riche en talents, il est considéré comme une personnalité exceptionnelle.
Astier de Villatte, fils d’artiste et architecte de formation, est depuis dix ans la tête créative de l’entreprise Collection Regards, pour laquelle il dessine vaisselle et objets décoratifs. Son style est immédiatement reconnaissable : il réinterprète le langage formel du baroque, du classicisme et de l’Empire — légèrement bizarre, gracieux et ludique, parsemé de citations cachées et d’hommages à l’histoire de l’art.
Monsieur Astier de Villatte accueille ses visiteurs à la porte avec un sourire aimable : silhouette mince, catogan gris, crucifix autour du cou, vêtu d’une tenue minimaliste qu’il a lui-même dessinée.
« Venez Madame, venez », dit-il en conduisant son visiteur dans les appartements privés situés à l’avant de son entreprise, avec la courtoisie souveraine d’un prince guidant quelqu’un à travers son royaume.
Lorsqu’il ouvre les doubles portes de sa vaste suite, une délicieuse odeur de biscuits à l’anis et de cardamome se répand. Des tableaux, des statues de saints, des objets insolites venus d’Orient et des meubles de brocante peints illuminent les lieux. Entre eux se trouvent des vases gris recouverts d’un émail blanc qui ressemble à un glaçage de sucre.
Bienvenue dans le merveilleux univers d’Astier de Villatte.
Le loft est la scène qu’il s’est lui-même créée, celle d’un homme vivant dans des images fantastiques et qui, par ses visions, a inventé un nouveau style de céramique française : « Réinventer », ainsi nomme-t-il sa démarche créative.
Réinventer, recréer : des carafes, assiettes, soupières, coupes à fruits et vases qui semblent provenir des natures mortes de célèbres maîtres flamands ou français — s’il n’y avait ce mouvement particulièrement oblique d’une anse, ce bord inhabituel d’un bec verseur ou cette courbe qui donne à une soupière l’air d’être légèrement ivre.
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Trois pièces de sa collection montrent l’influence de l’histoire de l’art sur son travail actuel : la tête de femme grecque orne une cafetière traditionnelle ; le singe au parasol rappelle l’engouement du XVIIIe siècle pour l’Asie ; et l’ange peint à l’arrière-plan constitue une allusion poétique aux mondes transcendants du christianisme.
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Chez Regards naissent des “Pièces Uniques de Série”, autrement dit des pièces uniques réalisées en série. L’artisane fixe avec précaution de fragiles anses en terre sur la tasse. Ce n’est qu’après une longue phase de séchage que les pièces peuvent être cuites sans se briser. Elles sont ensuite plongées dans un bain d’émail puis cuites à nouveau.
Dans un désordre soigneusement organisé de tables, consoles et fauteuils, parmi des portraits du XIXe siècle, des vases à fleurs et des chaînes, trônent des bustes féminins qu’il a dessinés, aux joues maquillées de rouge ; des singes sous des parasols à glands regardent au loin tandis que des anges aux ailes bleu ciel semblent méditer.
Chez Regards, on n’a envie de faire qu’une chose : « regarder » — observer, s’émerveiller.
« J’aime ces espaces ouverts de l’ancienne usine, que je peux sans cesse redistribuer et transformer », explique l’homme de 47 ans en regardant avec affection, de ses yeux bruns chaleureux, tous les objets qu’il a collectionnés, transformés et recréés.
« Pour moi, ma vie est mon travail et mon travail est ma vie, vous comprenez ? »
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Les fiers chevaux et leur gracieuse cavalière doivent sécher pendant trois mois avant d’entrer dans le four. Au cours des dix dernières années, Astier de Villatte a dessiné environ 1 000 assiettes, vases, tasses et plats. Les moules en plâtre fabriqués à la main sont classés par collections et conservés comme des trésors.
« Ainsi est également façonné mon environnement. »
Devant les nombreux symboles chrétiens qui ornent son univers, la conversation vient rapidement à porter sur la place de la religion.
« J’entretiens un lien très fort avec le catholicisme », explique-t-il. « Bien sûr, les croix, les représentations de la Vierge et les figures de saints sont d’abord des ornements et des œuvres d’art, mais elles ouvrent la voie vers quelque chose de plus grand, vers la foi et vers une pensée humaniste. Tout cela va ensemble, comme la créativité et la mystique, grâce auxquelles on découvre ce que veulent les autres et qui je suis ! »
Le loft d’Astier de Villatte se prolonge par son showroom où sont exposées ses créations actuelles et qui se distingue à peine de ses appartements privés.
Derrière, une porte s’ouvre sur la grande halle de la manufacture, d’où l’on entend déjà au loin…
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Au commencement, il y a la terre humide. Elle est pétrie puis soigneusement placée dans le moule, pressée à l’aide d’une éponge et ensuite séchée à l’air. Lorsque la couleur plus claire de la terre élastique indique qu’elle a commencé à sécher, l’artisane la retire délicatement et reprend les motifs. Après trois cuissons, le bain d’émail ou la mise en couleur, chaque pièce unique est achevée.
…les coups portés sur l’argile humide, le grattement et le travail de surface de la céramique cuite.
Plus de vingt collaborateurs réalisent ici les collections exclusives de céramique à partir de ses dessins.
Ses employés, qui mettent les objets en forme, découpent et modèlent les détails délicats, les cuisent puis les émaillent, parlent avec beaucoup de respect de celui qu’ils surnomment l’oiseau de paradis venu de Paris et qui les a tous formés.
« Nous avons progressivement élaboré toutes les techniques nous-mêmes et réfléchi à la meilleure manière de réaliser les modèles », explique Villatte.
Ils travaillent avec des brosses à dents, des ustensiles de pâtisserie, de minuscules pinceaux et d’immenses cuves dans lesquelles les pièces sont plongées pour l’émaillage, cuves qui ressemblent à des baignoires remplies de sauce béchamel.
La matière première des créations est une terre humide, une terre élastique brun-noir, livrée sur palettes depuis Pantin, près de Paris, jusqu’à Chinon.
Astier de Villatte utilise chaque année entre 50 et 60 tonnes de pâte à faïence pour ses collections, une terre également employée par les sculpteurs de l’École des beaux-arts.
« La terre ne révèle véritablement son caractère qu’à 1 000 degrés. Elle est vivante. Si elle a été mal préparée, elle casse », explique Astier de Villatte.
Tous les moules en plâtre sont fabriqués sur place à partir des dessins du maître.
La terre, étalée comme une pâte à gâteau, est soigneusement adaptée au moule. Elle commence à sécher, est démoulée, sèche à nouveau, puis est finalement cuite pendant vingt-quatre heures.
Les grandes vasques d’apparat et les coupes sont assemblées comme des puzzles tridimensionnels composés de plusieurs éléments : un travail difficile qui demande des heures.
Trois cuissons sont nécessaires avant que la céramique n’acquière la résistance suffisante.
Entre ces cuissons, la plupart des pièces sont plongées deux fois dans un bain d’émail blanc, qui leur donne leur brillant caractéristique.
Lorsque certains reliefs doivent rester dépourvus d’émail blanc, ils sont retravaillés à la brosse afin de faire réapparaître la matière brune.
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La vie — une collection. Le céramiste collectionne avec passion les objets religieux, les paires de vases et les portraits. Le portrait de la jeune fille est une œuvre de son père, Pierre Carron, qui avait appartenu à l’ancien président de la République française François Mitterrand. Après de nombreuses tentatives, Astier de Villatte le racheta à sa veuve Danielle et prévoit de l’exposer dans un futur musée consacré à son père.
La vie de la manufacture est animée par l’imagination d’Astier de Villatte.
Elle est maintenue en mouvement par Gaël Déchelette, le dynamique directeur général, qui veille au bon fonctionnement de Regards avec une fascination manifeste pour son esprit créatif, Jean-Baptiste.
Il avait auparavant travaillé comme décorateur à la Comédie-Française et s’occupe aujourd’hui tout particulièrement de la commercialisation afin qu’Astier de Villatte puisse penser et créer tranquillement.
« Mes idées naissent de rêves couchés sur le papier et du travail direct avec la terre humide », explique Astier de Villatte.
« Je suis comme un ordinateur 3D capable d’exécuter ce dont il a auparavant rêvé. Mon expérience d’architecte m’est certainement très utile », ajoute-t-il en riant.
Peindre, créer, construire : ce talent appartient à la famille.
Enfant, Jean-Baptiste regardait son père, le peintre Pierre Carron, dessiner, expérimenter et peindre, et voulait l’imiter.
Jeune homme, il fut fasciné par les grands chefs-d’œuvre de la céramique française et réalisa dans le four de son père ses premiers objets expérimentaux.
« Un jour, j’ai commencé à fabriquer des assiettes, j’en ai peu à peu constitué un stock, puis j’en ai fait une activité commerciale. »
Son dixième anniversaire à la tête de Regards représente déjà la troisième carrière réussie de sa vie.
Avant de s’installer à Chinon, l’architecte était connu à Paris comme artiste céramiste sous le nom de famille maternel Astier de Villatte, avec son propre label.
Mais à la suite d’un différend juridique avec les associés de son ancienne marque, il lui fut interdit de continuer à produire sous son nom.
Il transforma cette difficulté en avantage et recommença seul, loin de la capitale, à poursuivre son idée.
Auparavant, il avait travaillé pendant quinze ans comme architecte, notamment pour les prestigieux Monuments de France.
Depuis trois ans, Astier de Villatte a commencé à dessiner de grandes figures poétiques qui évoquent des icônes profanes…
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…du XVIIIe siècle et la mythologie grecque.
Des pièces décoratives uniques, émaillées et peintes.
La combinaison de ces deux techniques produit des résultats étonnants : un léger rouge colore les joues des anges et des têtes féminines, un bleu intense habille cavaliers et animaux, qui semblent sortis d’un film historique colorisé après coup.
Ce sont plus que de beaux objets décoratifs.
Ce sont des œuvres de maître.
Et c’est ainsi que l’artiste grave son nom dans la matière encore tendre, donnant à ces objets la signature de l’unique.
Le fait que les créations d’Astier de Villatte réalisées à Chinon soient aujourd’hui collectionnées dans le monde entier et qu’elles se retrouvent jusque dans les placards de célébrités comme Steffi Graf et Tom Cruise réjouit tout particulièrement les ouvriers de la manufacture, qui emballent chaque semaine avec soin le résultat de leur travail manuel dans du papier bulle afin de l’expédier…
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De l’espace pour les personnes et les objets. Dans la salle à manger, deux statues trônent sur une console rouge appartenant à la collection de mobilier d’Astier de Villatte. Associées aux deux portraits de membres de la bourgeoisie du XIXe siècle, elles créent une tension inhabituelle. Les surfaces réfléchissantes agrandissent visuellement l’espace et font oublier que l’on se trouve dans une ancienne usine d’appareils photographiques.
…à l’étranger.
Depuis quelque temps, Astier de Villatte a complété sa collection Regards par une ligne de mobilier.
Il connaît un grand succès aux États-Unis, où ses créations sont vendues dans les grands magasins Bergdorf Goodman, Saks et Neiman Marcus.
Au Japon, en Italie, au Koweït et en Corée du Sud également, son art de la table est très recherché.
On reconnaît l’authenticité des pièces soit au cachet aux deux branches d’olivier, soit, pour les grandes pièces, à la signature du maître.
Mais aucune boutique, aussi élégante soit-elle, ne saurait probablement rivaliser avec le charme d’une visite de cette manufacture cachée, dans laquelle des cavaliers gris semblent flotter à travers la halle et où des anges d’argile peuvent sécher tranquillement à côté d’anciens pots de crème fraîche.
Les voyageurs qui passent quelques jours sur les bords de Loire sont ici expressément les bienvenus.
« Lorsque des personnes s’intéressent à notre travail, elles doivent absolument venir, car nous souhaitons… »
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Le loft comme décor d’une vie d’artiste, de designer et d’entrepreneur. Astier de Villatte s’est aménagé un appartement au sein même de sa galerie. Il présente son couple de nageurs suspendus au milieu de tableaux insolites, de tasses et de terrines. Le “peintre” et les deux pots de physalis indiquent qu’ici on ne se contente pas de présenter les objets : on y vit avant tout.
« …maintenir un contact personnel avec les clients et leur montrer comment nous travaillons », disent Jean-Baptiste Astier de Villatte et Gaël Déchelette.
Ceux qui n’ont pas la chance de voyager dans cette région royale peuvent trouver la Collection Regards dans une sélection de boutiques ou par l’intermédiaire de son propre site Internet.
COLLECTION REGARDS
Collection Regards
2, rue de l’Olive
F 37500 Chinon
France
Tél. : +33 (0) 2 47 93 34 24
Commentaire :
Cet article de 2007 est particulièrement significatif parce qu’il ne présente pas simplement Jean-Baptiste Astier de Villatte comme une personnalité associée à Collection Regards : il le désigne de manière répétée comme l’auteur et le concepteur des œuvres.
Le vocabulaire employé est très précis. Il est qualifié de « tête créative » de Collection Regards ; les collections sont exécutées d’après ses dessins ; les ouvriers transforment « les dessins du maître en matière cuite » ; les moules en plâtre sont réalisés sur place à partir de ses créations ; et le reportage indique qu’il a personnellement formé les membres de l’atelier.
La page 77 est également importante sur le plan historique : l’article rappelle qu’avant Chinon, Jean-Baptiste Astier de Villatte était déjà connu à Paris comme architecte et artiste céramiste sous le nom Astier de Villatte, avec son propre label, puis qu’il poursuivit seul son travail après le contentieux avec ses anciens associés.
Enfin, l’ensemble photographique montre non seulement de la vaisselle mais aussi des sculptures, figures, chevaux, bustes et grandes pièces décoratives, toutes intégrées à une même démarche d’auteur. Le reportage établit ainsi, à une date certaine de 2007, une continuité très nette entre la conception artistique personnelle de Jean-Baptiste Astier de Villatte, ses dessins, ses sculptures, ses modèles, la formation de l’atelier et leur fabrication matérielle à Chinon.














