« Salutations artisanales de Chinon »
Texte intégral de l’article : traduction française
Texte : Liesbeth Cools — Photographies : Claude Smekens
Page 89 — Introduction
Dans cette édition d’été de Tijdloos, nous accordons une large place aux services de table. Une belle occasion de jeter un regard dans les coulisses d’un atelier de céramique unique.
La belle ville française de Chinon, sur la Loire et la Vienne, constitue donc notre destination finale. Ce n’est pas la première fois que nous parcourons cette magnifique région. Les rivières, les belles maisons anciennes et les habitants toujours accueillants nous enchantent à chaque fois.
Mais cette fois-ci, une perspective tout à fait particulière nous attend : nous rendons visite à l’artiste unique Jean-Baptiste Astier de Villatte, qui a installé son atelier inspirant dans une ancienne usine à la périphérie de la petite ville de Chinon.
Page 90 — L’atelier
Dès notre arrivée, il devient évident que notre visite sera une expérience tout à fait particulière. Gaël Déchelette, le bras droit de Jean-Baptiste, nous accueille avec une véritable cordialité. Il nous recommande avant tout de faire comme chez nous. Si nous avons soif, nous pouvons nous servir librement dans le réfrigérateur ; il y a aussi du café et, si nous avons besoin de lui, il se trouve dans son bureau. Voilà ce qu’on appelle l’hospitalité française !
Nous en oublierions presque la véritable raison de notre venue… Pourtant, dès que nous partons à la découverte de l’ancienne usine, notamment pour repérer les endroits où nous pourrons prendre les plus belles photographies, nous allons de surprise en surprise : ce n’est pas simplement une usine, mais un magnifique paradis étincelant !
À vrai dire, l’extérieur du bâtiment ne laisse absolument pas deviner ce qui se passe à l’intérieur. La façade ne se distingue guère. C’est seulement une fois entré que l’on remarque que le bâtiment déborde de vie et abrite de véritables artistes. Ils ont restauré les lieux avec tant de respect et d’amour que tout semble avoir toujours été ainsi.
Mais l’art ne s’arrête pas ici à la restauration d’un bâtiment délabré ! Chaque jour, dans cette usine, des montagnes de travail sont accomplies avec respect. Nous sommes tellement impressionnés que nous ne savons bientôt plus où regarder en premier ! Il est rare de voir réunies autant de belles choses.
Des piles d’assiettes, de tasses et de plats blancs et brillants côtoient harmonieusement des faïences émaillées ornées de guirlandes rappelant la dentelle et d’autres ornements.
L’artiste responsable de toutes ces merveilles est Jean-Baptiste Astier de Villatte.
Meubles, objets d’art, céramiques, assiettes, plats… tout porte ici le nom « Regards », la marque de l’atelier, et chaque pièce fabriquée dans cet atelier porte également, en signe de reconnaissance, une petite couronne de rameaux d’olivier.
Cela se comprend aisément, car les pièces sont expédiées en grand nombre vers différentes destinations, créant ainsi un joli lien avec l’atelier installé rue de l’Olive.
Le travail de Jean-Baptiste est non seulement extrêmement apprécié dans son propre pays — même le célèbre domaine Saint-Estèphe, dans la région bordelaise, a fait appel à…
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Page 93 — La simplicité reste son atout
…pour l’aménagement de ses jardins. Mais même dans des pays lointains comme le Japon, l’Amérique et l’Arabie saoudite, des architectes apprécient ses œuvres.
LA SIMPLICITÉ RESTE SON ATOUT
Il est difficile de croire qu’à l’origine de toutes ces belles choses se trouve en réalité un seul homme, qui plus est la simplicité et la gentillesse mêmes ! Les yeux souriants, Jean-Baptiste parle avec feu et passion de son travail, tout en restant modeste.
Il y a plus de dix ans, il quitta Paris avec un diplôme d’architecte en poche, mais il n’a jamais exercé cette profession. Il aimait et aime toujours bien davantage concevoir, et il le fait donc à un rythme soutenu.
Son père, l’artiste peintre Pierre Carron, l’a toujours encouragé et soutenu.
Au début, Jean-Baptiste ne concevait que des meubles, puis vinrent également les services de table et le linge de maison. Il dessina sa première assiette par nécessité : il n’avait tout simplement pas les moyens de s’acheter un service !
Les meubles anciens et les matériaux séduisent énormément Jean-Baptiste. Ce sont souvent des trouvailles fortuites qui l’inspirent et donnent naissance à de nouvelles et magnifiques créations.
PRINCE DE LA RÉCUP’
Les meubles anciens, les objets et les matériaux exercent une fascination considérable sur Jean-Baptiste. Ce sont souvent des trouvailles dues au hasard qui l’inspirent pour créer de nouvelles et magnifiques pièces.
À un certain moment, la presse française lui attribua même le titre de « Prince de la Récup’ », parce qu’il avait conçu un magnifique buffet dans lequel il avait intégré du bois provenant de la démolition de vieilles maisons ainsi que du parquet mis au rebut.
Avec Jean-Baptiste, il est permis que les choses attirent un peu l’attention. Aux meubles anciens et parfois ordinaires, il donne une nouvelle vie en leur appliquant des couleurs extravagantes ou en les intégrant dans des décors.
Les objets anciens les plus inattendus servent de point de départ à la conception, par exemple, d’une nouvelle soupière ou d’une charmante tasse à café.
BIENVENUE CHEZ LUI
Créateur, peintre, antiquaire… Jean-Baptiste est en réalité tout cela à la fois.
Page 94 — Création et artistes de l’atelier
Il travaille quelque temps comme designer chez Nobilis, fabricant de magnifiques tissus et papiers peints, jusqu’à ce qu’il décide de quitter Paris et de s’installer dans l’ancienne usine Prioux, à Chinon.
Le fait que cette « nouvelle vieille usine » l’inspire quotidiennement apparaît clairement dans son travail actuel.
Ainsi, il utilise souvent de l’argile noire dans ses créations. On le remarque dans toutes les décorations de ses céramiques ; celles-ci conservent un magnifique éclat sombre grâce à un procédé particulier consistant à créer une couche d’émail à travers laquelle le noir transparaît subtilement.
DES ARTISTES DANS LA MAISON
Compte tenu de la grande quantité de belles pièces qui sortent d’ici, il ne pourrait naturellement en être autrement : Jean-Baptiste travaille avec plusieurs artistes. Mais toutes ces personnes ont été formées ici, chez lui.
Jean-Baptiste est naturellement à l’origine de tous les modèles uniques, mais à partir du moment où le modèle est créé jusqu’à ce qu’une pièce sorte finalement de l’atelier, ce sont les artistes qui travaillent ici qui sont responsables de leur réalisation.
Que cela ne puisse que favoriser la qualité et que chaque pièce porte ainsi la touche personnelle d’un artiste paraît assez logique.
En circulant entre les tables de travail, nous sommes frappés par la chaleur avec laquelle Jean-Baptiste se comporte avec les dames et les messieurs qui travaillent ici avec ardeur.
Tout comme il aime les objets et les meubles anciens, il aime aussi les gens.
« Les personnes qui ont un passé sont comme des objets qui ont une âme », dit-il. « Elles sont une source éternelle d’inspiration pour mon travail. »
Avec nos remerciements à COLLECTION REGARDS
Céramique mobilier décoration
Rue de l’Olive 2
37500 Chinon / France
Tél. +33 (0)2 47 93 34 24
www.collection-regards.com
Commentaire :
L’ensemble des pages 89 à 94 forme une pièce documentaire particulièrement cohérente, car le reportage attribue personnellement et à plusieurs reprises la création à Jean-Baptiste Astier de Villatte.
Le passage le plus probant se trouve page 94 : « Jean-Baptiste est naturellement à l’origine de tous les modèles uniques ». Le journaliste distingue ensuite très précisément deux fonctions : Jean-Baptiste conçoit le modèle ; les artisans qu’il a formés assurent ensuite sa réalisation dans l’atelier. Cette distinction entre auteur/concepteur et exécutants est particulièrement intéressante dans une analyse relative au droit d’auteur.
La page 90 contient une seconde formulation très nette : « L’artiste responsable de toutes ces merveilles est Jean-Baptiste Astier de Villatte », après une description précise des céramiques, assiettes, tasses et plats. Elle permet également de distinguer la personne du créateur de la marque commerciale « Collection Regards » sous laquelle les objets de l’atelier sont alors diffusés.
L’article documente enfin une démarche créative personnelle : formation d’architecte, conception antérieure de mobilier, création d’une première assiette, utilisation et transformation d’objets anciens, conception de nouvelles soupières et tasses à partir de ces références, terre sombre sous émail blanc et recours à des ornements rapportés. Les photographies des pages 91 et 92 viennent matériellement illustrer cette production et son signe distinctif, la couronne de rameaux d’olivier.
Daté de l’été 2007, ce reportage constitue donc un témoignage publié et illustré de la reconnaissance de Jean-Baptiste comme artiste, concepteur et auteur des modèles, tout en établissant que leur fabrication pouvait être confiée aux collaborateurs de son atelier. C’est probablement ce dernier point qui donne à l’ensemble de l’article sa portée la plus intéressante pour a critique.







